<![CDATA[sindbad]]> http://sindbad.dzblog.com Du temps né la mort , de l'espoir né la vie. fr Wed, 13 Aug 2008 13:03:36 GMT Wed, 13 Aug 2008 13:03:36 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[L'éternité... et le fusil]]> http://sindbad.dzblog.com/article-250637.html  
                    UNE NOUVELLE D'ABDELHAMID BENHEDOUGA
 
L'éternité... et le fusil
(Texte recueillis par Mr A.MEHAMLI )
 
    Dans sa cellule, à Alger, Abbas se souvient de la mosquée, vision de Paradis, face au sinistre bidonville. Des guides attendaient, qui lui montrèrent le chemin de la lutte armée et, enfin, de la prison. Le destin , lui avait dit l'émir.
 
   Ce qui m'arrive, à qui le raconter Aux murs... Est-ce qu'ils comprendraient Ils vont éclater, exploser, s'ils découvrent quels tourments on endure ici, quel tourment je subis, moi... Les murs, je le sais, ne peuvent comprendre, s'ils le pouvaient, ils témoigneraient de l'horreur, du comble de l'horreur. C'est avant d'arriver en ce lieu que le criminel est criminel. Ici, il n'y a plus que des victimes. Même les gardiens... sinon, ils refuseraient d'exercer leur affreux métier. L'horreur... seul mot capable d'exprimer la situation. Horreur omniprésente! La littérature, à la poubelle! J'écrirai cette histoire à l'adresse de la prison, où horreur et beauté se confondent.
 
Comment suis-je arrivé ici Venant d'où Je ne sais...
 
Nous étions sept frères et soeurs sept, un chiffre sacré, sacré comme la prison. Mon père et ma mère... un univers rassemblant les contradictions de l'espèce humaine. Notre demeure une baraque de bidonville. En face une mosquée, le paradis dans sa splendeur. Tous les habitants de notre bidonville profitaient de son espace, de sa propreté, de sa pureté. La plupart des fidèles n'avaient qu'un souci jouir de son calme reposant, paradisiaque. Sa vaste cour intérieure était nette, éclatante de blancheur. L'eau, dans le bassin des ablutions, sans cesse renouvelée. Un paradis aux multiples facettes tapis de haute laine, mosaïques, décorations sur les murs, calligraphies du mihrab, magnifique minbar en bois d'ébène. Un paradis dont les gens du quartier avaient besoin en attendant le Paradis de l'autre monde. Je dis avaient... comme si ma présence entre ces murs avait bouleversé le temps et l'espace.
 
Mais c'est bien au passé qu'il faut parler. La mosquée représentait beaucoup plus qu'un lieu de prière et de repos, beaucoup plus que le refuge où je venais réviser mes leçons et préparer mes devoirs. Elle épousait mes rêves et mes fantasmes. Quelle merveille, la voix du muezzin égyptien! Par chance, pour appeler à la prière, notre quartier avait un homme amoureux de la musique égyptienne traditionnelle, surtout des mélodies de Sid Darwich, d'Al Sanbouti et d'Abdelwahab à ses débuts... Naturellement, ce n'était pas Si Abbas, notre muezzin, qui lançait l'appel à la prière, mais ce brave Si Abbas possédait l'art de régler l'appareil électronique de manière à respecter le rêve et réveiller l'espoir, à la différence des muezzins d'autres mosquées dont la voix résonne comme le tonnerre, écorche les oreilles et trouble les esprits.
 
La mosquée était la gloire de notre quartier. Son minaret élevé, élancé, attirait les regards à des kilomètres à la ronde. Dans le ciel le plus proche, les anges du Miséricordieux accueillaient nos rêves, nos invocations, nos supplications à nous, les gens du quartier. Bien sûr, faisait remarquer le cheikh, la laideur de nos baraques offusque ceux qui ne nous connaissent pas, mais nous autres, nous y sommes habitués, nous ne la voyons plus.
 
Enfant, je rêvais du Paradis. A mes yeux, prendre le chemin du Paradis, c'était monter au sommet du minaret, puis s'élever par degrés vers le ciel. Cette ascension me tourmentait. Il eût fallu être oiseau pour prendre de la hauteur! Mais un jour, à un homme du quartier qui l'interrogeait à propos de l'âme, le cheikh avait répondu L'âme est un oiseau tournoyant dans le ciel jusqu'à l'heure prévue. Voyez ces oiseaux perchés sur le minaret, ce sont les âmes des croyants.
 
Dès lors, j'ai su qu'il était facile de monter au ciel. Depuis toujours, ma vie, comme celle de mes camarades et de tous les gens du quartier, était tendue vers le ciel, et la mosquée était la station la plus proche pour entreprendre le voyage...
 
Puis les choses ont changé. On devait transférer les gens dans un nouveau quartier; notre bidonville était appelé à disparaître. Mais les gens n'ont pas été relogés d'un seul coup, ce qui a fait le jeu de la spéculation celui qui obtenait un nouveau logement installait un parent ou un ami dans sa baraque avant de déménager... Ainsi, le bidonville ne disparaissait jamais. Ma famille n'en finissait pas d'attendre son tour. Le sort savait d'avance qui serait l'élu. Certains fonctionnaires de la municipalité, de la daïra et même de la wilaya avaient leurs connaissances, leurs intermédiaires, leurs magouilleurs.
 
Evénements et souvenirs s'emmêlent dans ma tête. Dans cette cellule, on perd la notion du temps. Je ne regrette pas ce que j'ai fait. Je suis prisonnier d'un jugement, prisonnier d'un rêve, prisonnier d'un décret divin qui ne relève pas des hommes. Les murs pourraient-ils le comprendre Je ne pense pas. Je n'ai pas tué une personne, j'ai tué un symbole. Ce que j'ai accompli n'a rien à voir avec un meurtre. Mais les murs sont incapables de comprendre. Le dialogue avec les murs est impossible. Et puis, sur quoi dialoguer Les décrets divins ne souffrent aucune discussion.
 
Je suis un maillon d'une chaîne dont chaque maillon est responsable des autres. Imbéciles! Je ne serai pas le maillon qui casse. L'arme pointée sur moi ne me fait pas peur. Mais ce silence m'étouffe. Je parle tout haut pour m'entendre moi-même. Je suis en vie et je me souviens... Elle avait un regard tellement expressif! Pourquoi la relation charnelle de l'homme et de la femme n'est-elle permise que dans le mariage Pour éviter la confusion des origines, assurait le cheikh. Ne discute pas le précepte de Dieu, disait le guide, accepte-le tel quel... Parmi ses signes, il a créé pour vous, tirées de vous, des épouses pour que vous reposiez près d'elles. Parole du Dieu tout-puissant. Moi, l'épouse auprès de qui je repose, c'est cette cellule!
 
Je sais plus rigoureux sera notre châtiment ici-bas, plus grand sera notre bonheur dans l'au-delà. Hikmet Chahriar, un grand oulema, quand il évoquait l'autre monde, en parlait comme d'une terre où il serait né et où il aurait grandi. Il sanglotait parfois en rappelant les châtiments réservés aux damnés de l'enfer. Chacune de ses paroles exposait en pleine lumière les geôles de la Géhenne ou bien les brandons réduisant en cendres communistes, mécréants, athées, musulmans hésitant à s'engager dans la révolution islamique. Il mettait aussi en évidence le bonheur, la béatitude dont jouissent les moudjahidines afghans, iraniens ou soudanais, ainsi que les jeunes qui, à travers le monde, se préparent aux batailles du djihad. En l'écoutant, la jeunesse arabo-musulmane prenait conscience des réalités de l'autre monde, mesurait l'inconscience et l'impiété qui s'attachent à ce bas-monde. Certains des frères, initiés à ses secrets, disaient de lui il vit à la fois avec nous et avec les premiers chiites qui ont été tués en compagnie de Hussein, au Paradis dans le jardin des guides immortels!
 
Je ne sais pas si cela est vrai. Je me suis efforcé de concentrer mon attention, d'imaginer, mais je n'y ai pas réussi. J'ai l'impression d'en être toujours à la première étape de ma spiritualité. Ah! si je pouvais la dépasser! Je transformerais ma cellule en un jardin du Paradis, avec ses houris, son nectar, ses fruits et ses délices. J'en oublie ma propre personne, la baraque du bidonville et l'émir... l'émir qui disait Quand tu fais feu sur Taghout et Djabarout (1) répète Allah akbar! Ne pense pas à celui que tu vises, pense à Dieu. Tu es un moudjahid. Ceux que tu exécutes ne sont pas des personnes, ils sont Taghout. Ne fléchis pas, ne t'attendris pas... Fais feu, n'écoute ni les cris ni les supplications. Dieu est plus grand que Taghout. Chaque fois que tu abats quelqu'un, tu enlèves une épine sur la voie de l'islam. Ne pense pas à celui que tu exécutes, pense à ceux qui demeurent dans le monde de Taghout!
 
Un jour, je lui ai fait remarquer Et si tous les autres n'étaient pas Taghout - Interroge ta conscience, m'a-t-il répondu. Toi-même, es-tu Taghout ou moudjahid Moudjahid! Alors ils sont Taghout... Ne laisse pas ce genre de questions te trotter dans la tête. Chaque fois qu'elles te viennent à l'esprit, relis la sourate Les Hommes, et les tentations du diable s'éloigneront.
 
Taghout, le fourbe, m'a torturé. Il pensait par la torture! m'arracher les noms des membres du groupe auquel j'appartiens. L'imbécile! Si l'un de vous se fait arrêter, nous disait l'émir, ne fournissez aucun renseignement susceptible de nuire à l'édification de l'Etat islamique. Si, sous la torture, on vous force à donner des noms, dénoncez des membres de la police et de l'armée en les accusant de travailler avec vous en secret. Chaque informateur fournit à son groupe une liste de quelques collaborateurs de la police et de l'armée; seulement les prénoms, afin de semer la confusion dans leurs rangs. Dans la guerre psychologique, c'est une arme redoutable. Justifiez la collaboration des hommes de la police en déclarant que nous leur versons de grosses sommes d'argent. Taghout le croira volontiers, les problèmes de corruption lui étant familiers. Ne lâchez pas ces noms mensongers du premier coup, mais seulement après que Taghout vous aura soumis à une série d'interrogatoires et à la torture. Taghout vous torturera, s'il vous arrête. Ils utilisent des tortionnaires sionistes. Ne croyez pas qu'ils sont contre Israël. Ils sont tous Taghout. Rappelez-vous toujours ceci l'existence de l'homme sur Terre n'a d'autre justification que l'adoration de Dieu; il n'y a pas d'adoration de Dieu en dehors de l'islam, et pas d'islam en dehors d'un Etat islamique.
 
Au moment de tirer, par derrière, sur un athée, il m'est arrivé d'hésiter et s'il n'était pas l'athée ou le communiste que j'ai reçu l'ordre de tuer Un jour, nous avions mené une opération contre les gendarmes. Leur riposte violente a conduit notre groupe à intensifier le feu, et une balle a atteint un enfant sur le balcon d'en face... Je l'ai vu tomber. Témoin de ma tristesse, l'émir m'a dit Tu es un moudjahid, oui ou non Je suis un moudjahid. Le moudjahid ne pense pas, il exécute les ordres de Dieu!
 
Plein de sollicitude, l'émir craignait de nous voir failir au cours des opérations Tirez sur vos ennemis dans le dos, disait-il; en regardant leur visage, vous pourriez fléchir! Il avait une longue expérience et savait conforter les esprits cultivés Mettez-vous bien dans la tête que vous êtes des moudjahidines, des soldats d'Allah! Vous n'avez pas de conscience personnelle. Votre conscience, c'est l'islam, c'est Dieu, c'est votre guide! Si les premiers compagnons - Dieu les bénisse! - au cours des grandes conquêtes, s'étaient posé des questions sur ceux qu'ils tuaient au djihad, l'islam ne se serait jamais répandu à travers le monde. Peut-être les bédouins l'auraient-ils fait disparaître aussitôt après la mort du Prophète - le salut soit sur lui! La conscience de tous ces compagnons moudjahidines était éclairée par la lumière de l'islam. Il n'était pas question pour eux de réfléchir, ni de s'interroger. Le djihad est illumination, il dispense de tout autre éclairage.
 
SON visage était nimbé de lumière. Elle m'était plus chère que le djihad, plus chère que l'illumination. Tout en elle était rayonnant le teint, le regard, le sourire. Le lycée nous avait réunis, le mariage nous a séparés. Son père, bien qu'il n'habitât pas le bidonville, ne roulait pas sur l'or. Le responsable local du Parti a procédé à un véritable enlèvement. Il l'a épousée par intérêt et en usant de son autorité. Elle se préparait à entrer à l'université et elle s'est trouvée prise par le mariage. Un beau soir, a-t-elle raconté, il arrive en 504 noire, accompagné par mon cousin; il apporte une boîte de friandises et un bouquet de fleurs. Tandis que mon cousin cause avec mon père, il demande en vertu de quoi mon père refuserait, puisque c'est à son intervention que nous devons notre logement. Je tente de résister. Ma fille, me dit mon père, comment refuser C'est un responsable du Parti!
 
Le lycée l'a conduite au mariage, et moi... en Afghanisan, puis de fil en aiguille, entre ces quatre murs. Mais ils n'apprendront rien de moi, même s'ils devaient me garder ici mille ans!
 
Je l'aurais volontiers descendu avant d'être conduit ici. Mais l'émir a déclaré Non, nous n'avons pas intérêt à supprimer ce genre d'individus leurs magouilles servent notre cause. Depuis, je ne l'ai pas revue. Son mari lui interdisait de sortir, et je ne l'en blâme pas. La femme n'a pas le droit de se montrer, elle accomplit sa mission à la maison, et non dans la rue. Pourtant son mari, le responsable du Parti, faisait appel aux étudiantes pour trouver des volontaires de la révolution agraire... Pour purifier nos villes de la débauche et de la perversion, disait l'émir, il faudra inonder nos rues du sang des athées et de Taghout!
 
Mais à quoi bon parler, et à qui
 
Le maudit m'a donné un conseil Informe-nous sur tes compagnons et on te jugera avec indulgence au lieu de t'exécuter. Maudit soit-il. Il n'y a pas d'autre jugement que celui de Dieu. Je préfère l'exécution, je préfère le Paradis. J'ai accompli le djihad en vue du Paradis, et pour venger ma jeunesse. Il n'y a pas d'autre jugement que celui de Dieu.
 
Mahmoud, Aïssa, Sadek et moi, quatre moudjahidines enfantés par notre bidonville, formés non seulement par l'école, mais aussi par la mosquée de notre quartier. L'école nous a simplement appris ce qui concerne la vie matérielle.
 
Au début, nous restions à la mosquée depuis la prière de l'après-midi jusqu'à celle du soir, le lundi et le jeudi, jours où nous n'avions pas cours au lycée. On a vu arriver un personnage inconnu il n'était pas du quartier. Il apportait un magnétophone et des cassettes. Nous écoutions la psalmodie du Coran. Le lecteur avait une voix agréable et envoûtante. En l'écoutant, on se sentait saisi par les angoisses de l'enfer. Plus d'une fois, il m'a donné le frisson. La psalmodie n'était pas celle d'un pays arabe c'était une mélodie asiatique, qui donnait aux versets une dimension céleste, à la mesure des espaces lointains et mystérieux. Après la lecture du Coran, il nous faisait écouter une exhortation sur la responsabilité du musulman et sur ce qu'il est advenu de l'islam. Nous avons passé des mois dans ces conditions. Nous étions heureux de tous les habitants du quartier, c'est nous qui avions été choisis.
 
Par la suite, le mystérieux personnage nous a chargés de vendre des cassettes Coran et exhortations. Cette démarche ne portait atteinte ni à notre réputation ni à notre travail scolaire. De plus, nous touchions environ 5 % du prix de vente, ce que nous avons d'abord refusé. Mais le personnage a insisté, allant jusqu'à s'emporter. En réalité, nous avions besoin de cet argent, mais notre morale nous interdisait d'être rétribués pour services rendus à la cause de Dieu. Il a fini par nous convaincre en faisant appel à un hadith du Prophète Le meilleur salaire est celui que vous mérite le Livre.
 
UN an après, ou un peu plus tard, on nous a fait collecter des dons pour la construction de mosquées à travers le pays. Puis nos liens avec le personnage et avec le cheikh de la mosquée se sont renforcés. On nous a alors demandé si nos désirions visiter certains pays islamiques pour connaître la situation des musulmans. A notre demande, le voyage s'est achevé par une période de formation dans une caserne de Peshewar, suivie de notre enrôlement volontaire pour le djihad en Afghanistan. Allah akbar! Nous avons suivi un chemin difficile, avec des moments d'égarement, pour atteindre enfin le chemin de la lumière!
 
L'inspecteur de police, maudit soit-il! a osé dire Vous marchez au suicide sans en être conscients. On vous a abusés, on a exploité votre jeunesse et votre enthousiasme. On vous a engouffrés dans un tunnel sans issue! Maudit soit-il! Si le djihad est un tunnel sans issue, quels sont les tunnels qui débouchent La corruption L'athéisme L'oppression Le djihad est une issue, imbécile! Et un jour tu t'en rendras compte, quand nous purifierons la terre de l'athéisme, de la corruption, de la dépravation et de l'oppression. L'émir le savait bien, lui qui dénonçait les clichés et les slogans des athées S'ils mettent en avant ce bas-monde, opposez-leur l'autre monde; s'ils vous parlent d'une illusion qu'ils appellent la science, parlez-leur du Coran. S'ils font appel à la parole d'un tel, répondez-leur Dieu a dit!...
 
Mais ils sont bouchés comme les murs que j'ai sous les yeux. Le cachot où ils sont enfermés est plus repoussant, plus horrible que cette cellule. Le monde d'ici-bas les aveugle. Ma cellule ne me prive pas de la vision, depuis que la lumière éternelle m'a ouvert les yeux. Non, je ne passerai pas aux aveux. Je ne leur fournirai aucun renseignement. Je ne manifesterai aucun repentir. Les regrets seront pour eux. Ils parlent de nation, nous parlons de religion. Notre religion n'admet aucun compromis. La terre entière nous appartient, et l'autre monde aussi. Laisse-les s'aveugler dans leur égarement. Parole du Dieu tout-puissant.
 
Nous sommes l'éternité, le mystère caché, l'Univers.
 
Inutile de discuter avec eux, disait l'émir. Si vous êtes forcés de les écouter, n'attachez aucune importance à ce qu'ils disent. Vous avez à accomplir le djihad, et non à réfléchir. Là où le destin vous a placés, demeurez fermes. Accomplissez la mission que vous confie le destin!
 
Allah akbar! J'ai à combattre, non à réfléchir. Je détruis, je ne dialogue pas. Ma religion m'interdit toute compromission avec eux. Ce bas-monde qu'ils veulent sauvegarder, je le leur arracherai. Ils ont beau emprisonner mon corps, ils n'emprisonneront pas mon âme. J'ai pour moi l'éternité... et le fusil!
 
 

 

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Wed, 13 Aug 2008 13:03:36 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-250637.html
La Marina d'Alger http://sindbad.dzblog.com/article-250264.html La Marina d’Alger
   « Moha » un jeune homme, la trentaine a peine , habitant en parfaite harmonie avec son entourage ,avec sa petite famille sur hauteurs de la Casbah antique   , il mène une vie paisible ,cadencée par les allers et retours qu’il effectuaient chaque matin au port, pour aller exercer son métier de pêcheur,  ou il dispose d’une petite embarcation vétuste mais o combien chère a lui , il ne l’échangera pour tout le trésor du monde, s’est son gagne pain , lorsque il est chez lui , il passe des heures a la contempler a partir de la fenêtre de sa chambre ,qui surplomb directement  le port , elle lui procure du bonheur et l’assurance de jours paisibles.
 
   Au fil des temps, une certaine complicité s’est installée entre les deux, renforcée par les rudes épreuves du large, et les risques et périls de la mer.
 
 Sa barque ,baptisé au nom de sa femme « Z’hor » , la connaissait dans ses détails les plus intimes , elle fait partie de lui , de son existence, le grincements des rames en quittant le port pour regagner  le large  , le plonge dans une somnolence lointaine  et heureuse ,ou le corps s’efface devant les prouesse de l’esprit.
 
   Le jeune homme gagne sa vie de son métier de pécheur,   chaque après midi, il débarque avec sa fortune, le   panier de poissons, mélange de sar, pageot, bouga, le fruit d’une journée, supportant  mal le brouhaha du marché, il avait l’habitude de remettre  directement la prise, a un vieux Marchand qui se charge a la revendre, et s’éclipse silencieusement derrière les boutiques.
 
 
    Un jour , « Moha » se réveilla comme a l’accoutumée , après un profond, et long sommeil de l’été, il descend  au port , et la s’est la stupéfaction , le vieux port de pêche vieux et délabré  , ou s’entremêlait pécheurs , mendiants, commerçants et des gents de tout genre , ou des odeurs répugnantes qui se dégageait  des chambres de conditionnement , et des casiers vides  entreposé pêle-mêle devant les magasins , sous le soleil de l’été,   est transformé en une superbe  marina , en grand port de plaisance de loisirs et de vacances, ou des voiliers des personnes richissimes,  venait trouver refuge .
 Des splendides yacht sont alignés, les uns a coté  des autres,  battant pavillons de différents couleurs  , « Moha » est la, il ne croit pas ses yeux , il est médusé ,une chaleur envahi tout son corps qui se transforme soudain en frisson , il essaye non sans difficultés de s’asseoir , et reprendre son souffle , de distinguer sa petite embarcation , source de sa nourriture ,parmi les grands yacht et voiliers, qui ne la retrouvera pas.
    La peur de perdre son travail l’envahi, il pense déjà a ses enfants et a leur mère, il s’approche, et la, a la place du café maure ou il avait l’habitude de prendre son thé a la menthe au fond de musique chaabi, est édifié une Discothèque, branché au fond de musique techno et métal.
   Tout au long du Boulevard de l’amirauté, jusqu’au jardin d’essai, sont élevés des magnifiques hôtels de luxe ,des restaurants, des cafeteria,  des centres commerciaux , et des terrains de golf .
    A el Hamma,  sur la plage , « la sablette » ,des touristes et nationaux   pratiquent la planche a voile  ,et différents sports aquatiques,  tout au long de la cote, jusqu’au Tamaris, des Parking ainsi que des espaces parasols , sont aménagés pour les citadins qui viennent se baigner dans les eaux cristallines,et pour s’aligner a  Ibiza,  des jeunes  disposent de leur propre espace , ou  des discothèques sont ouvertes même durant la journée.
 
   Tout cela,  dans un décors de rêve, bref une ville moderne s’ouvre devant les yeux de « Moha », style bearritz, Nice ou Monaco.
 
Stop !!
 
  En réalité, « Moha » a fait un cauchemar, que  Nous, Nous en faisons un rêve !!!!
 
mehamli@hotmail.
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Sat, 09 Aug 2008 09:39:50 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-250264.html
Une journée au Club des Pins http://sindbad.dzblog.com/article-249901.html                              Une journée au Club des Pins
 
     Un jour pas comme les autres, en ce mois d’Août  , la chaleur , le travail ,et le poids de toute une année de travail commence a se ressentir , a dix heures du matin mon téléphone sonne , je sais bien qu’on ne travaille pas les jeudis , j’ouvre mes yeux comme même, et avant de répondre , je jette un regard discret  par la fenêtre ,en m’interrogeant sur cette personne qui insiste a m’extraire mon sommeil ,  la rue commence a se vider de ses passants , seul un marchand de sardine a la crié, enveloppant  dans un journal d’emballage les dernières  pièces qui restent et qui s’apprête a décamper ,avant que la chaleur arrive a son apogée .
 
   Le téléphone retentit une deuxième fois,  et il me semble cette fois ci, qu’il n’a pas l’intention de s’arrêter, j’ai raccrocher, et au bout du fil ,c’est Riyad qui me demande de l’accompagner du coté de CDP j’ai accepté après moult insistance ,malgré la fatigue.
 
   Arrivant a la hauteur de Bouchaoui, ,de loin apparaît l’entrée principale , qui ressemble bizarrement a l’entrée d’un poste frontalier ,des dizaines de jeunes , garçons et filles sont alignés sur les abords de la route d’accès du site , ils sont bien armées , Parasols,  sacs de plage , serviettes et accessoires , les heureux sont ceux et celles qui ont réussis a traverser de l’autre coté, les frustrés sont bloqués derrière le portail ,car sans carte d’accès, ou signalement au poste de garde , il est impossible d’accéder.
  Parmi ceux qui n’ont pas eu la chance de pénétrer, la frustration est énorme, sur leur visage,  se lit l’amertume d’un temps ou Alger et devenu divisé en zones « franches », donc il faut être franchisé, ou détenteur d’un label dieu sait dans quel rouage du système a été développé et a quel prix ?
     Devant le poste de contrôle, Ryadh  fait mine de chercher dans ses documents, le gendarme dans l’empressement, lui donne le signe d’avancer.
 A peine dépasser  la barrière , des jeunes filles vertes de jeunesse , le sac en bandoulière , vêtu en linge fin, made in china ,  les pas long et élancés ,leur donnent plus de confiance, elles déambulent les hanches , et tortillent leur petit derrière,  une manière d’exprimer leur soulagement  ,et évacuer le stress, après un test d’accès tant difficile.
     Dans le plage , les gens comme poussés par l’instinct de survie ,sont installés serrés les uns au autres , ni les couleurs des parasols , ni la coupe du maillot de bain révèle l’origine social , seul quelques brebis  tentent d’échapper à cette homogénéité relative ,  en faisant de l’artificiel leur terrain de prédilection du genre « m’a tu vu » ,  avec une articulation vocale innovée , et une manip phonétique douteuse  , style «  Bonzour »  « la plaze »  « Bronzaze » légèrement prononcés, on réussi a faire la différence  , il sont facilement repérables , il est déconseillé de  s’approcher car la contamination est désastreuse.
    Des jeunes adolescents, en groupe de trois et quatre,   font des allers et retours interminables tout au long du trottoirs de la façade marine, fraîchement refait ,guettant les passants et tendant des pièges a des filles inexpérimentés.
 Dans ce lieu, la propreté, est excellente, l’eau limpide de la mer et le sable doré et unique de la plage fait la différence, c’est ce qui sans doute rend les franchisés jaloux de leur plage.
 
mehamli@hotmail.com
                            
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Sun, 03 Aug 2008 13:17:26 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-249901.html
Sauvez la Forets des Arcades. http://sindbad.dzblog.com/article-249841.html
 

    Un petit tour a la Forets des Arcades , gérée par l'Office Riadh el Feth ,et vous constatez les dégâts énormes et impardonnable causés a la nature  aggravée par  l'insouciance  des commerçants exerçants sur site.

   Au coté Nord ,sur le site panoramique surplombant la baie d'Alger , des dizaines de sacs poubelles éventrés , dégageant des odeurs nauséabondes , entreposées au milieu d'un site autrefois magnifique  et propre, sous les yeux des propriétaires des restaurants ,et Pizzerias avoisinants qui ne semblent pas inquiétés  par cette situation catastrophique pour l'environnement.

 

  Une véritable décharge a ciel ouvert , qui a considérable défiguré  l'état de la nature , elle-même fragilisée par une maladie identifiée par les responsable de l'office de Riadh el Feth,  et   qui ronge silencieusement les pins d'Alep vieux d'une dizaine d'années.

 

   Non loin de cet endroit , a coté  du Théâtre de Verdure du bois, des travaux sauvage ,sont entamés en catamini , qui ont causés la perte , d'une dizaine de jeunes d'arbres de différents espèces ( Caroubiers , Oliviers et autres espèces)  ,il  semble qu'il sera édifié  une plate forme en béton qui abritera l'assise d'un commerce bidon ville , tel fut une autre plate forme édifiée pour l'installation d'une kheima a coté du centre des arts ,  il y a quelques années ,et dont les conséquences sur l'environnement sont irréparables. 

 

 Je lance un cri d'alarme ,au ministre de la culture , et celui de l'environnement d'intervenir le plus rapidement possible , pour remédier cette situation et sauver ce qui reste de beau et de bien dans notre capitale.

 

 

 

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Sat, 02 Aug 2008 13:58:09 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-249841.html
kenza(1) http://sindbad.dzblog.com/article-244500.html
 
 
Kenza (1)
 
  Un jeudi du mois de juillet, à Bouzareah devant l’université des sciences sociales  , il faisait beau, la chaleur accablante qui  régnait   durant ses derniers jours, a été vite adoucie par une vague de fraîcheur inhabituelle, le rues sont vides   de passants, des étudiants se précipitent   au portail de l’université pour s’informer des résultats des examens de passage , en face une école primaire ou un homme long et corpulent, derrière une table juste devant la porte , s’apprête a distribuer les derniers bulletins aux quelques élèves   retardataires, occupés plus par les vacances ,que par les résultats .
 
      Il régnait une ambiance inhabituelle, ou tout semble   fini, comme si le temps s’est   brusquement  arrêté.
      Sur les visages des gens ,se lit l’empressement et la précipitation , et J’avait un ardent désir de savoir ce qui se passe dans   la  tête de ceux, qui circulent de gauche, a droite et dans tous les sens.
 La grande place ,située devant  l’université est presque déserte, les bruits des bus de transport des étudiants, et les brouhahas en provenance des terrasses des restaurants avoisinants ,ont brusquement disparus laissant   place a un  atmosphère de silence et d’amertume, seuls quelques   commerces sont ouverts en cette période de l’année, c’est les départs en congés.
Sur   le  boulevard principal de Bouzareah  ,Ahmed  un jeune homme  la  trentaine a peine , est attiré par cette femme grande  et belle, qui lu fait rappeler sa Nacéra qu’il a quitté depuis des mois sans laisser de trace.
 
   En la voyant,  des souvenirs récents  envahissent Ahmed, qui se mêlent en lui  et s’enchevêtrent, à ce même endroit  le passé et le présent ,se croisent et s’adhèrent dans des circonstances étonnantes 
 
 Elle descend   lentement   vers la cité (Russe ) ,en parcourant      le long mur crasseux du boulevard ,repères des laisser pour soi ou les graffitis du malaise social et du désespoir sont gravés a jamais ,ces jeunes utilisent les murs comme moyens d’expression , fuyants les tabous et les interdits d’une société  archaïque conservatrice ,s’est une manière d’éterniser les   souffrances , l’échec scolaire , les privations, les frustrations sexuelles , les revendications politiques , rien ne se perd du marasme social ,tout se transforme en éternels graffitis , vestige de la mémoire collective des jeunes , ou même l’hiéroglyphe ,et les pictogramme ne peuvent rivaliser 
              
   Au fur et a mesure que Ahmed avance   ,l’écart avec la jeune femme s’amenuise   , sa silhouette  se métamorphose a  la vitesse des martèlements  de ses pieds sur le bitume fraîchement refait   du  trottoir,  en s’approchant Ahmed s’aperçoit que  le corps vivace  et dynamique de (Nacéra) a laissé  place a un gabarit fort et consistant , et la démarche sprint et sportive, a une allure lente et    synchronisée.
 L’hésitation envahit tout son corps, et  les battements de son  cœur s’accélèrent au point de, l’empêcher de faire marche arrière.
 
                                                                                     A suivre…….
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Tue, 10 Jun 2008 23:43:06 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-244500.html
kenza(2) http://sindbad.dzblog.com/article-244497.html  
Kenza (2)
 
 Soudain, Ahmed sentit comme une voix qui s’élève au fond de son âme ;
 
Allez fonce, Tu t’est jamais adressé a une femme ? rappelle toi de tes performances !  sur le littoral d’Alger ,  ou tu te comportait comme un Pacha au milieu de femmes étincelantes  vertes de jeunesse   , à  tu oublié toutes les pièges tendues aux meufs inexpérimentées   et ton petit carnet rouge bourré  de numéros de téléphone de  charmantes filles de tous les coins..
 
  A ce moment là , Ahmed , repris confiance et  décide de prendre sérieusement les choses en  mains, il a  mis en pratique toutes les techniques du yoga et  de maîtrise de soi , récemment appris dans un bouquin spécialisé , trois profondes  respirations et expirations pour se relaxer et  faire obéir  tout les  muscles qui lui  bloque la respiration et   refusent de lui obtempérer .
Cette rude épreuve  nécessite une concentration ciblée sur le sujet, et une complète mobilisation du système psychomoteur et moral, la maîtrise émotionnel , l’encéphale , les nerfs ,  l’hypothalamus et le  libido , tout ,  car la moindre  hésitation de sa part  deviendra catastrophique et lourdes de conséquences.
 
 Au moment il s’apprête à l’aborder, la jeune femme  s’arrête devant la porte du  magasin de journaux, elle rentre et se dirige vers l’étalage ou sont empilés les journaux et les revues locales et occidentales, et d’un geste bref d’une habituée prend une magazine et deux  journaux,  Ahmed tente l’anticipation  ,car   arrivé a ce stade de l’épreuve, il est impossible de reculer :
 
-Bonjour !
-C’est le magazine TV sat ? 
- Oui ;
- Il y en a de disponible encore    ?
- Malheureusement, c’est le dernier qui reste ;
- Vous pouvez le prendre si vous voulez ! Je peu consulter le programme à partir du journal  d’aujourd’hui ;
 
Ahmed marque un arrêt reprend confiance en lui et s’élança ;
 
- Vous êtes une accro de la télé donc ?
- Pas  trop et puis, y a rien à faire d’autre,
-  effectivement, même la télévision ne  propose pas grande chose ;
- Mais qu’est ce qu’il y a d’intéressant ?  Les bulletins  météo et les spots de pub qui nous terrorisent a chaque instant ?
- Ce que je préfère c’est  les séries égyptiennes, je ne les ratent que rarement , sa reflète soigneusement le quotidien de tous  les jours, les problèmes de société liés aux conflits de  mariage ,  de  divorce  , d’héritage ,  et  de successions  ,
Vous savez !
 Après l’avènement de l’Internet et  des autoroutes de l’information  ,  la société été introverti sur elle , un grand fossé la sépare du monde extérieure , ou l’absence de références   a fait que , le noir et le blanc,  le bien et le mal la modernité et la décadence  s’entremêlent en ne constituant qu’une seule entité ,  car  la société vivait en dehors du temps ,   notre vie était  frappé par le  ralentit et l’immobilisme , la conscience sociale était largement conditionnée par la limite de notre espace physique qui est lui-même jalonné par les tabous .
 On considérait que  les problèmes sociaux liés au chômage , a l’emploi   ,a  l’éclatement de la famille , a l’immigration  sont propre a nous et on ignorait que   les origines  de ces phénomènes dépassent nos  frontières , et  que la mondialisation et le spectre de l’appauvrissement programmés sont déjà  a nos portes . 
 
 La jeune femme enchaîne  :
 
-  En plus  avec l’insécurité galopante  et  les histoires   de viols et d’agressions qu’on rapportent quotidiennement et qui font la une des  journaux, sa donne un fort envie   de rester chez soi, a l’abri des désagréments ;
-Mais qu’est qu’il y a de répugnant dans la réalité de tous les jours ;
- les frustrations  !!
- Après des années de travail, dans l’hôtellerie a l’ouest d’Alger  en qualité    de chargé de la promotion touristique , je me retrouve maintenant  au chômage    , et je  me sens trahis et abandonnée   l’entreprise ou je travaillais à   été cédé a une importante  chaîne Hôtelière multinationale , la nouvelle direction sous couvert des exigences de la rentabilité et de la concurrence, à mis en œuvre un plan de redressement et à licencié la moitié des travailleurs , tous issues des classes sociales défavorisées .
 - Vous savez ,dans la vie il faut savoir s’adapter, pour éviter d’être dévoré   , il faudrait se ressourcer  et aller chercher au plus profond de nous même , les ressources morales qui assurent notre équilibre , pour nous maintenir en  vie.
 
Ahmed reste attentif a la situation de cette femme, armé de  cette faculté d’aller vers les autres, les écouter,  comprendre et partager avec eux des moments de souffrances et de plaisir, le propulse en avant de la scène.
 Il est dans la mesure de tendre la main, de surpasser les contraintes de tous les jours, et  voir la vie autrement.
 La jeune femme en arrangeant  les mèches châtaines de sa longue chevelure derrière son front, marque des signes de consentement.
 
- et qu’est ce que vous faite dans la vie Ahmed ?
- Je suis   marin ;
-Vous êtes bien payé alors.
-Vous savez, les opportunités que me procure ce job sont plus importantes que l’argent. Je suis matelot a la marine marchande, passer l’hiver au canada, ou l’été au sud-est  asiatique est une question de routine , car le temps et le lieu sont deux concept qui ont peu  de signification pour un marin , ma vie est réglé au rythmes des déplacements entre  les  ports d’Alger , Rotterdam , Hambourg ,   Boston ou   Dubaï   , cette situation  me donne l’impression de tourner dans un espace liquide  étranglé par le néant , ou les heures et les minutes ,les jours et les mois  se défilent d’une façon cyclique et vertigineuse  , les déplacements se comptabilisent par saison , un mois en large pour rejoindre les cotes sud de atlantique et la même durée pour regagner le port d’attache .
 
  En parlant, Ahmed a sentit que cette femme  éprouve un sentiment d’admiration et de  stupéfaction , en l’entendant ainsi parler des espaces de bonheur et de liberté, que lui  procurent la mer,  elle qui en  manque  énormément souffre en l’entendant parler et apprendre qu’il existent des gens ,qui peuvent jouir  de liberté, loin des contraintes et les pressions de tout les jours,  visiter des pays, voir des villes et côtoyer des gens de différentes couleurs, et de différentes religions ,tout en étant rémunéré
c’est  une aubaine, qui  n’est pas à la portée de tout le monde.
                                                                             A suivre…….
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Tue, 10 Jun 2008 23:40:17 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-244497.html
kenza(3) http://sindbad.dzblog.com/article-244496.html
Kenza (3)
 
 
     C’est une fille pleine d’espoirs, elle incarnait cette jeunesse Algérienne de l’indépendance, qui rêvait de vivre dans une société prospère et libre, ouverte sur la modernité , et s’est pour ses raisons qu’elle a choisis de suive des études en science de l’information , ou elle pourrait devenir journaliste, rédiger des articles, réaliser des reportages, et rencontrer des gens de différents horizons.
 
Elle a longtemps galérée, multipliant des emplois précaires et de petits jobs, elle est forte de caractère, jamais elle permettra au désespoir gagner sa vie et empoisonner son existence.
       Il semble que la jeune femme est déjà domptée , avant même qu’on lui  demande , elle  fouille dans son sac à main en skaï noir   , entre les crayons traceurs abîmés et  les étuis de vernis a moitié pleins , sort un stylo et sur le magazine qu’elle viendra de lui  remettre, marque son nom ,et le  numéro de téléphone , elle le  quitta en jetant un regard étincellent pleins de joies et de promesses ,
 
   Il l’a trouve belle, ces yeux grands et fascinants comme de l’aurore boréale lui   coupe le souffle, et d’un sourire qui bourgeonne aux coins de lèvres , lui donne une nouvelle naissance.
 
 Elle s’appelle Kenza …
 
     Après un mois de repos en famille, Ahmed ressent un grand besoin de reprendre le large, la couleur bleue  de la mer en la contemplant des hauteurs d’Alger la blanche  , comme souhaitent l’appeler ses enfants , le fascine et ressuscite  ses rêves , seules les caresses des eaux verdâtres des océans  et la brise marine au goût salé  embaumant son  visage  sur le tribord  lui  procure le bonheur absolu , et lui fait rappeler son destin partagé  entre deux vies, et deux aventures ,l’une en terre lieux de la raison et de réflexion, l’autre en mer source d’inspirations et de l’absolu .
 
  Pour  rejoindre le siège de son Armateur,  s’informer du programme de rotation  du mois, et effectuer les différentes formalités d’embarquement,  fascicule, carnet de vaccination, et autorisations nécessaires,  il fallait   faire le raccourci et passer par la place Maurétania.
  Le chemin était bondé de groupes d’étudiants rassemblés devant le portail  de l’école de commerce le flux des  voyageurs en vagues successives  ,de  la gare de l’Agha mêlés  au même moments aux  banlieusards  pressés  des stations routières du port ,constituent une impressionnante marée  humaine, qui se déferle sur cette place                   Ahmed fraya  difficilement un passage , et  emprunta les escaliers pour descendre vers le grand Boulevard de  Tafoura   , les pas rapides emporté par un   corps léger et souple, lui  donne l’impression  de voler.
  Dans sa pensée  défilement  ,les images des moments  passés en famille  en compagnie de sa vieille mère ,qui ne le quitte pas un instant depuis son arrivée  ,et les veillées passés avec les copains du quartier ou il habite a des heures  tardives de la soirée ,   tout ses moments  envahissent ses pensées et  par leurs effets ,  le mettent dans un état second ,ou les bruits des passants , les klaxons des véhicules,  et les manœuvres des trains de marchandise de  la gare d’Agha se transforment en   une résonance lointaine et somnolente, qui le plonge dans une indolence confortable ,  C’est l’un des moments ,ou le corps s’efface aux assignations de l’esprit.
 
                                                                                A suivre…….
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Tue, 10 Jun 2008 23:38:16 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-244496.html
kenza(4) http://sindbad.dzblog.com/article-244494.html  
Kenza (4)
 
 
    Deux semaines se sont écoulées , depuis que Kenza   est terrée dans sa chambre , elle n’est pas belle a voir , les cheveux ébouriffées , le visage terne laisse présager qu’elle n’a pas connu le sommeil depuis des nuits , négligeant le ménage , les vêtements destinés a la lessive sont entassés derrière la porte de sa chambre abritant toutes sortes de blattes , des toiles d’araignées en forme de stalactites et de demis cercles collés au plafond grisâtre rend l’atmosphère triste et lourd , le téléphone déconnecté    déposé   sous le sommier l’engouffre dans l’isolement total .
 
   Par ses mains fébriles, elle   tenait délicatement sa tête , le col de sa chemise déboutonnée ,laissant apparaître la blancheur de son épaule dressant un tableau surréaliste
 
 
 Il est dix heurs du mat, Ahmed , viens juste de se réveiller  en cette journée de septembre  , allongé sur son lit , le drap froissé entortillé sous ses jambes , le cendrier noircis bourré ,  de  mégots de la veille    dégageant  une odeur époustouflante de la nicotine , son regard resté longuement fixé sur  son portable Nokia, qui refuse de retentir depuis des jours , aucun coup de fil de Kenza , ce silence   l’engloutit davantage et le mis  dans l’embarras et l ’incertitude la plus angoissante .
   Puisqu’il savait que Kenza vient de perdre son job , sur lequel, elle a consentit de grands sacrifices , et édifiée tant d’ espoirs, il   décida  alors de lui rendre visite , pour s’enquérir de ses nouvelles, et trouver une explication a  son absence car        cette situation l’inquiète, d’autant plus que le licenciement de Kenza était imprévisible, il l’avait anéantie, la plongeant dans une existence étriquée brisant l’espoir d’une femme émancipée , rêvant  de liberté.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        Son sort le préoccupait davantage , la laisser ainsi sombrer dans le chaos,   livrer a elle-même dans ses conditions difficiles c’est de l’impensable,  car devant des situations pareilles Ahmed se sent inconsciemment concerné, et poussé  par le besoin d’accomplir un devoir humain qui dépasse le stade émotionnel et affectif , le fait de tendre la main a  une personne seule dans le gouffre du désespoir et de l’inconnu  ,lui  procure d’énormes  satisfactions,   en plus il savais que Kenza  a besoin du    soutien et de l’affection nécessaire  ,pour traverser cette rude épreuve.
 
 
 Arrivé au bas de l’immeuble, l’atmosphère est lourd , les volets de sa fenêtre d’habitude  entrouverts , laissant deviner qu’ils sont  fermés depuis des jours  , Ahmed prend l’escalier , l’appartement ou elle habite se trouve au deuxième étage , et  pour arriver  il lui faut traverser un long couloir sombre , ou  le passage est  obstrué par des sacs de poubelles éventrés ,qui dégagent des odeurs nauséabondes ,   la porte d’entrée était déverrouillée comme si elle pressentait son arrivée , il rentre, et là au fond  de  la chambre ,c’est  Kenza qui    l’attend  ,affaissée sur son matelas.
 
  Elle a l’air d’une momie,  les jambes pliées abritant une  tête inclinée, comme attirée par une force vers le bas.
 L’état du  cendrier , laisse penser que la pauvre attendait son arrivée depuis des heures,  et d’un geste lent et frustré de la main,  lui   fait   signe d ‘avancer  ,son air bouleversé l’avait inquiété, elle n’arrive pas a parler lorsque tout d’un coup ,elle s’effondre sur ses bras en sanglot : elle se drogue !
 
Depuis qu’elle a perdu son travail, sa situation financière  c’est considérablement dégradée, elle ne se maquillait plus  et s’habillait  mal, et  le besoin d’argent la mettait  dans une situation étriquée, et puisque elle ne peu dans cette situation refusé de l’aide elle l’accepte dans la dignité.
                                                                                     A suivre…….
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Tue, 10 Jun 2008 23:33:32 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-244494.html
kenza(5) http://sindbad.dzblog.com/article-244493.html  
Kenza (5)
 
 Le recours a la drogue, a marqué un état de rupture avec le quotidien amère et  douloureux de Kenza, c’est comme si elle se jette dans le   néant  pour fuir les contraintes du  chômage, et les souffrances  de tout les jours ,pour une existence meilleure, elle croyait trouver son salut dans les battonets de Haschisch qu’elle préparait soigneusement, et délicatement a chaque  envie d’évader a la recherche d’une tranquillité qui malheureusement, n’est que chimères.
 
 La nuit lorsque le silence s’installe , et cessent les bruits des passants  ,     seule dans sa chambre, elle  retrouve sa quiétude, et pourra enfin entamer son rituel sacrée ,qui elle seule connaissait  parfaitement ses mystères   , la substance brune, est soumise a l’effet de la chaleur , le temps de se décomposer et par des mouvements lents et concentrées de ses doigts fébriles, l’effrite en le mélangeant du tabac.
 
      Ce   rituel la plonge directement dans  un monde de merveilles ,qui  fertilise l’imagination, et adoucis les ardeurs des sentiments les plus indélébile,  le corps  s’éclipse devant la magie de l’esprit , pour quelques instants  de plaisir inégalé ou le silence est meublé par les sensations les plus fortes , et  les plus étranges .
 
   Ahmed a  appris par le temps, que le quotidien difficile de Kenza et le manque d’argent l’avaient fragilisée , elle  avait ses propres manières de vivre et de  s’offrir du  plaisir  , brusquement  elle se retrouve dans le besoins ,reléguée au stade de la misère ,   autrefois elle improvisait des sorties au front de mer en compagnie de ses copines , au palm beatch a l’ouest d’Alger  ou elle passait les après midi de chaque fin de semaine dans une ambiance conviviales car  auprès de la mer  et parmi ses amies qu’  elle  retrouve son équilibre.
 
    En la quittant Ahmed , a sentit la lourdeur de la responsabilité, et la mission qui l’attend,  dont il n’attendait pas et qui consiste a la faire sortir de cette situation désastreuse , son état l’a bouleversé et l’a sérieusement secoué .
 
   Personne n’est a l’abris des aléas de la vie , dans des situation d’aisance et de bien être on ne   pense que rarement a ceux  qui souffrent ,et qui s’efforcent  a  cacher   leur douleurs ,par dignité et respect pour eux même ,sans  oser  demander de l’aide , on n’éprouve de l’affection au autres      qu’ occasionnellement  suite a un événement qui touche des voisins   ou des amis,   cette compassion est vite dissipée par le temps , ou l’oubli prend le dessus de la mémoire ,et le passé celui du présent .
 
    la fragilité psychologique dont elle se retrouve maintenant , la rend vulnérable a toutes   contraintes extérieures , la condition féminine dans une société archaïque , la rend  fébrile exposée a tout les dangers  , maintenant qu’elle est sans ressources , elle s’est retrouvée    coincée entre l’affreux engrenage  , de la misère et de la drogue ,  et sans aide extérieure , il est difficile pour elle de s’en sortir , depuis,  elle a   perdu ses repères .
 
   Au fil des temps, les liens se sont renforcés, au rythme des jours difficiles que traversait Kenza , l’amitié tissée dans la douleur ne peut contenir les   rivières d’affection qui se débordent et se déversent dans le barrage de l’amour.
 
 N’a-t-on pas dit ,que l’habitude fait arranger les choses, en érodant   les sentiments les plus réticents.
Soudés par les rudes épreuves de la vie, Kenza et Ahmed    ne constituent désormais, qu’un seul être, fortifié telle une citadelle où vient se briser tous les malheurs.
                                                                               a suivre........
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Tue, 10 Jun 2008 23:31:02 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-244493.html
kenza(6) http://sindbad.dzblog.com/article-244491.html Kenza (6)
 
 Une semaine après, Ahmed décida d’aller la chercher en lui proposant une  sortie a Sidi Fredj , l’occasion de mieux comprendre ce qui lui arrive, et la faire sortir du marasme , dont elle se retrouve, depuis des jours.
A chaque sortie ,naissait en lui  l’impression d’entamer une étape importante de sa vie ,Il résulte de ce changement un bon état d’esprit, Il se réjouit lorsque il constate l’amélioration de l’état de sa compagne, et s’inquiet en s’apercevant que le chemin est long.
 
 Il a réussit a la convaincre, d’abandonner cette situation de retirée, fuyant la société, en lui expliquant que cette situation ne fait que prolonger son malheur.
 
   Pour atteindre la grande place, de Sidi Fredj,   il faut passer devant la discothèque ,,situé juste a l’entrée gauche du port, dans un passage piéton , étroit, couvert de pavée minutieusement posé, les  murs fraîchement blanchis a la chaux a l’occasion de l’été ,donne plus d’éclat et de lumière a cet endroit paisible, qui ressemble a une ville typiquement  méditerranéenne.
 Les gens se baladent sur le quai du port, ils font des allers retours interminables jusqu'au phare.
 
  En passant   devant  la grande porte en bois de la discothèque, style mauresque, façonnée de formes géométriques et d’arabesque, Kenza accélère le pas, cet endroit lui rappelle des souvenirs douloureux.
 Triste et nostalgique à la fois, son visage s’est brusquement métamorphosé,   et ses yeux étirés d’une femme ouzbek, versent des larmes  abondantes.
 
 C’est une femme épuisée  ,écrasée par  les frustrations, car dans ce milieu,  la femme n’est qu’un corps sans âme ,une  masse  de chair objet de toutes les convoitises ,et les désirs   , elle lance un long soupir, comme si elle veut se libérer de ses  souffrances intérieures , et oublier  son  passé.
 
   Elle n’oublierai jamais , le jour ou Ahmed lui a tendu la main pour l’extirper de son mal être   , enfin , il y a une âme sincère qui pense a elle, qui la soulage de ses blessures, depuis sa vie a pris une nouvelle dimension meublé par des rêves d’enfance, réussir dans la vie,   et concrétiser des espoirs enfouis depuis longtemps.
Kenza n’attendait que cette occasion qui est venue comme un éclair illuminant l’opacité de ses jours pénibles.
                                                                                                                                                                                                                                                                                      A suivre…….
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Tue, 10 Jun 2008 23:25:55 GMT http://sindbad.dzblog.com/article-244491.html