
Kenza (4)
Deux semaines se sont écoulées , depuis que Kenza est terrée dans sa chambre , elle n’est pas belle a voir , les cheveux ébouriffées , le visage terne laisse présager qu’elle n’a pas connu le sommeil depuis des nuits , négligeant le ménage , les vêtements destinés a la lessive sont entassés derrière la porte de sa chambre abritant toutes sortes de blattes , des toiles d’araignées en forme de stalactites et de demis cercles collés au plafond grisâtre rend l’atmosphère triste et lourd , le téléphone déconnecté déposé sous le sommier l’engouffre dans l’isolement total .
Par ses mains fébriles, elle tenait délicatement sa tête , le col de sa chemise déboutonnée ,laissant apparaître la blancheur de son épaule dressant un tableau surréaliste
Il est dix heurs du mat, Ahmed , viens juste de se réveiller en cette journée de septembre , allongé sur son lit , le drap froissé entortillé sous ses jambes , le cendrier noircis bourré , de mégots de la veille dégageant une odeur époustouflante de la nicotine , son regard resté longuement fixé sur son portable Nokia, qui refuse de retentir depuis des jours , aucun coup de fil de Kenza , ce silence l’engloutit davantage et le mis dans l’embarras et l ’incertitude la plus angoissante .
Puisqu’il savait que Kenza vient de perdre son job , sur lequel, elle a consentit de grands sacrifices , et édifiée tant d’ espoirs, il décida alors de lui rendre visite , pour s’enquérir de ses nouvelles, et trouver une explication a son absence car cette situation l’inquiète, d’autant plus que le licenciement de Kenza était imprévisible, il l’avait anéantie, la plongeant dans une existence étriquée brisant l’espoir d’une femme émancipée , rêvant de liberté.
Son sort le préoccupait davantage , la laisser ainsi sombrer dans le chaos, livrer a elle-même dans ses conditions difficiles c’est de l’impensable, car devant des situations pareilles Ahmed se sent inconsciemment concerné, et poussé par le besoin d’accomplir un devoir humain qui dépasse le stade émotionnel et affectif , le fait de tendre la main a une personne seule dans le gouffre du désespoir et de l’inconnu ,lui procure d’énormes satisfactions, en plus il savais que Kenza a besoin du soutien et de l’affection nécessaire ,pour traverser cette rude épreuve.
Arrivé au bas de l’immeuble, l’atmosphère est lourd , les volets de sa fenêtre d’habitude entrouverts , laissant deviner qu’ils sont fermés depuis des jours , Ahmed prend l’escalier , l’appartement ou elle habite se trouve au deuxième étage , et pour arriver il lui faut traverser un long couloir sombre , ou le passage est obstrué par des sacs de poubelles éventrés ,qui dégagent des odeurs nauséabondes , la porte d’entrée était déverrouillée comme si elle pressentait son arrivée , il rentre, et là au fond de la chambre ,c’est Kenza qui l’attend ,affaissée sur son matelas.
Elle a l’air d’une momie, les jambes pliées abritant une tête inclinée, comme attirée par une force vers le bas.
L’état du cendrier , laisse penser que la pauvre attendait son arrivée depuis des heures, et d’un geste lent et frustré de la main, lui fait signe d ‘avancer ,son air bouleversé l’avait inquiété, elle n’arrive pas a parler lorsque tout d’un coup ,elle s’effondre sur ses bras en sanglot : elle se drogue !
Depuis qu’elle a perdu son travail, sa situation financière c’est considérablement dégradée, elle ne se maquillait plus et s’habillait mal, et le besoin d’argent la mettait dans une situation étriquée, et puisque elle ne peu dans cette situation refusé de l’aide elle l’accepte dans la dignité.
A suivre…….

publié par MEHAMLI dans: années de braises