Kenza (5)
Le recours a la drogue, a marqué un état de rupture avec le quotidien amère et douloureux de Kenza, c’est comme si elle se jette dans le néant pour fuir les contraintes du chômage, et les souffrances de tout les jours ,pour une existence meilleure, elle croyait trouver son salut dans les battonets de Haschisch qu’elle préparait soigneusement, et délicatement a chaque envie d’évader a la recherche d’une tranquillité qui malheureusement, n’est que chimères.
La nuit lorsque le silence s’installe , et cessent les bruits des passants , seule dans sa chambre, elle retrouve sa quiétude, et pourra enfin entamer son rituel sacrée ,qui elle seule connaissait parfaitement ses mystères , la substance brune, est soumise a l’effet de la chaleur , le temps de se décomposer et par des mouvements lents et concentrées de ses doigts fébriles, l’effrite en le mélangeant du tabac.
Ce rituel la plonge directement dans un monde de merveilles ,qui fertilise l’imagination, et adoucis les ardeurs des sentiments les plus indélébile, le corps s’éclipse devant la magie de l’esprit , pour quelques instants de plaisir inégalé ou le silence est meublé par les sensations les plus fortes , et les plus étranges .
Ahmed a appris par le temps, que le quotidien difficile de Kenza et le manque d’argent l’avaient fragilisée , elle avait ses propres manières de vivre et de s’offrir du plaisir , brusquement elle se retrouve dans le besoins ,reléguée au stade de la misère , autrefois elle improvisait des sorties au front de mer en compagnie de ses copines , au palm beatch a l’ouest d’Alger ou elle passait les après midi de chaque fin de semaine dans une ambiance conviviales car auprès de la mer et parmi ses amies qu’ elle retrouve son équilibre.
En la quittant Ahmed , a sentit la lourdeur de la responsabilité, et la mission qui l’attend, dont il n’attendait pas et qui consiste a la faire sortir de cette situation désastreuse , son état l’a bouleversé et l’a sérieusement secoué .
Personne n’est a l’abris des aléas de la vie , dans des situation d’aisance et de bien être on ne pense que rarement a ceux qui souffrent ,et qui s’efforcent a cacher leur douleurs ,par dignité et respect pour eux même ,sans oser demander de l’aide , on n’éprouve de l’affection au autres qu’ occasionnellement suite a un événement qui touche des voisins ou des amis, cette compassion est vite dissipée par le temps , ou l’oubli prend le dessus de la mémoire ,et le passé celui du présent .
la fragilité psychologique dont elle se retrouve maintenant , la rend vulnérable a toutes contraintes extérieures , la condition féminine dans une société archaïque , la rend fébrile exposée a tout les dangers , maintenant qu’elle est sans ressources , elle s’est retrouvée coincée entre l’affreux engrenage , de la misère et de la drogue , et sans aide extérieure , il est difficile pour elle de s’en sortir , depuis, elle a perdu ses repères .
Au fil des temps, les liens se sont renforcés, au rythme des jours difficiles que traversait Kenza , l’amitié tissée dans la douleur ne peut contenir les rivières d’affection qui se débordent et se déversent dans le barrage de l’amour.
N’a-t-on pas dit ,que l’habitude fait arranger les choses, en érodant les sentiments les plus réticents.
Soudés par les rudes épreuves de la vie, Kenza et Ahmed ne constituent désormais, qu’un seul être, fortifié telle une citadelle où vient se briser tous les malheurs.
a suivre........
publié par MEHAMLI dans: années de braises